LE PROJET DES COLOMBES

Les Colombes  forment une troupe de jeunes artistes chanteurs, musiciens, comédiens, dessinateurs. Ils sont plus d’une centaine. Ils ont entre 6 et 20 ans. Ils habitent la campagne autour de Mushubati.

LE FONCTIONNEMENT DES COLOMBES

L’association Ejo Hacu, créée par Emilienne Mukansoro, accueille les enfants formant la troupe des Colombes depuis 2018. Cynthia Rutagengwa les accompagne dans leur créativité, recherches, tentatives… Elle coordonne le réseau de la troupe en permettant aux aîné⸱es (adolescent⸱es de 14-18 ans) d’être responsables des « entrainements » des plus jeunes par discipline (chant, danse, théâtre, musique-tambours, peinture, dessin, poésie…). Cynthia insuffle de l’autonomie, de la rigueur pour soutenir le travail, l’engagement… Elle porte tout en permettant à chaque jeune de se porter lui-même et de se sentir auteur et responsable de sa « parole ». Libélé est là aussi, sa présence offre la sécurité.

UN NOUVEAU PROJET

La troupe s’engage dans une nouvelle aventure. Elle veut porter « sa » parole, la parole des enfants sur les « chemins » des villages pour sensibiliser la population aux problématiques sociales : malnutrition des enfants, travail des enfants, consommation de drogues, lutte contre les discriminations…
Les jeunes souhaitent par leur « art » élaborer des messages subtils et non culpabilisants (poétiques, humoristiques…) qui permettent à la population de s’interroger pour construire une communauté « plus saine » où chacun trouve sa place.


La troupe va s’enrichir du soutien des délégués d’un groupe de jeunes rescapés issus des familles « de ceux qui n’ont pas été tués » (nous disent-ils) du secteur de Mushubati. Ces délégués ont pour mission de soutenir la troupe des Colombes, de préparer leur venue dans leur village pour engager le thème du spectacle, apporter des conseils sur la sensibilité des spectateurs potentiels, etc.

LA PREMIÈRE REPRÉSENTATION

Le dimanche 31 août 2025, à 13h00, 120 enfants de la troupe des Colombes ont réalisé le premier essai du projet, afin de tester son efficacité et son impact potentiel dans la communauté. L’activité s’est déroulée au Centre de Mushubati, devant l’école. Au programme, de la danse, du tambour, des chants, une pièce de théâtre et des dessins autour du thème « Avoid Child Abuse« , soit « éviter la maltraitance des enfants ».

À travers leurs performances, les enfants ont montré qu’ils comprenaient le problème et qu’ils voulaient sensibiliser le public à ce sujet. Dans la pièce de théâtre, ils ont représenté la vie quotidienne des enfants forcés de travailler au lieu d’aller à l’école ,  soit parce que leurs parents ont plus besoin d’argent que de l’éducation de leurs enfants, soit parce que les enfants ont échoué aux examens nationaux et n’ont pas eu la chance de répéter. La pièce a aussi montré comment cela les empêche d’apprendre, de jouer et de profiter de leur enfance, et comment certains finissent par avoir des grossesses non désirées à un jeune âge à cause de leurs employeurs.

Dans leurs chansons, les enfants ont écrit des paroles originales encourageant les parents à protéger le droit de leurs enfants à l’éducation et dénonçant l’injustice du travail des enfants.

Une jeune fille a dit pendant la discussion :

Nous voulions que les gens voient que les enfants ont des rêves, et que le travail ne devrait jamais les leur enlever.

Un autre garçon a ajouté :

À travers cette pièce et ces dessins, nous voulions montrer qu’aller à l’école n’est pas une perte de temps, c’est notre avenir.

L’événement a attiré un public estimé entre 300 et 400 membres de la communauté provenant des environs. Le groupe cible principal était constitué de personnes revenant des services religieux du dimanche. Bien que la participation ait été légèrement inférieure aux attentes, en raison de l’implication de nombreux membres de la communauté dans des groupes d’épargne au même moment, la fréquentation a tout de même démontré un fort intérêt et un engagement de la communauté.

Après les activités, le groupe est retourné à “mu rugo”, Ejo Hacu, pour partager une collation avec tous les membres du groupe Les Colombes et pour procéder à une évaluation collective de l’événement. Les enfants ont exprimé leur fierté et leur joie d’avoir pu transmettre un message aussi important à travers l’art. Beaucoup ont dit qu’ils se sentaient désormais plus confiants pour parler en public et qu’ils voulaient continuer à se produire afin de sensibiliser sur d’autres problèmes auxquels les enfants sont confrontés.

LA SUITE ?

La troupe souhaite continuer à se produire, dans d’autres lieux et sur d’autres thématiques, comme « L’accès à l’éducation pour tous” et “Les droits et l’égalité des enfants”. Les enfants aideront à choisir les sujets à travers des discussions ouvertes, en partageant ce qu’ils observent dans leurs propres communautés et ce qu’ils estiment le plus important à aborder.

La troupe prévoient également d’inclure davantage d’enfants issus de familles de survivants du génocide qui ont récemment rejoint Les Colombes. Certains des enfants qui étaient présents cet été lors de la formation du projet sont retournés à l’école, mais de nouveaux membres continuent à rejoindre Les Colombes. Leur participation ajoute de la valeur et du sens.

Le premier essai du projet confirme son potentiel à créer un impact significatif en combinant l’art, la culture et l’éducation pour aborder la protection des enfants et d’autres sujets sensibles souvent laissés sous silence dans la communauté.

Pour continuer et élargir leurs activités, Les Colombes ont besoin de soutien :

  • achat de costumes traditionnels et d’instruments de musiques (pour l’instant loués pour chaque représentation)
  • pour chaque représentation: frais de transport, frais de petite restauration pour les enfants
  • rémunération des jeunes « mentors » (pour l’instant bénévoles)