Si au Rwanda il existe une couverture santé de base accessible à tou⸱tes, s’il existe des centres de santé qui ont une activité réelle avec du personnel et un peu de matériel, s’il existe des livraisons de médicaments et de poches de sang par drone, pour autant, les soins pour les enfants et les adultes en situation de handicap sont limités, et peu accessibles aux familles les plus pauvres.
Pourquoi ?
- Parce que les transports pour se rendre des collines à 2000 mètres d’altitude vers les hôpitaux et les centres de soin coûtent très cher. Ce sont des taxis non remboursés qui empruntent des pistes chaotiques (sur certains des tronçons, rouler à plus de 10 km heure serait de la folie).
- Parce que le matériel orthopédique, certes fabriqué en partie sur place grâce à un atelier (que nous avons visité) et du personnel fort compétent de l’université de médecine du Rwanda, est très onéreux.
- Parce que le matériel nécessaire à la compensation du handicap (par exemple : fauteuil roulant, déambulateur, appareils auditifs, béquilles…), vient de l’étranger et a des prix qui flambent à cause de taxes douanières.
- Parce que le matériel de stimulation sensorielle pour les enfants autistes et handicapés est méconnu et vient automatiquement de l’étranger.
Vos dons peuvent contribuer au transport, aux soins hospitaliers, aux soins de kinésithérapie et de massages thérapeutiques, mais aussi à l’achat de matériels orthopédiques, de fauteuils roulants, de médicaments.

ZOOM: LA PRISE EN CHARGE DES ENFANTS EN SITUATION DE HANDICAP
Nous avons découvert dès notre premier voyage un nombre impressionnant d’enfants épileptiques et surtout polyhandicapés, c’est-à-dire porteurs d’un handicap grave à expression multiple, associant une déficience motrice et une déficience mentale sévère, entraînant une restriction extrême de l’autonomie et des possibilités de perception, d’expression et de relation.
Le Rwanda dispose d’un faible nombre de sage-femmes et d’obstétriciens. Certaines naissances se déroulent à la maison sans assistance médicale, ce qui peut entrainer de grandes difficultés, telle que l’anoxie cérébrale (par exemple, quand le cordon ombilical est autour du cou de l’enfant).
Les difficultés de ces enfants ont un impact considérable sur la vie des familles, et particulièrement sur les femmes qui se retrouvent sans activité rémunératrice en devant s’occuper de leur enfant jour et nuit, sans répit, en le portant et en le soutenant dans tout acte du quotidien (pour manger, et même respirer…)
Certaines croyances perdurent : les femmes qui accouchent d’enfants handicapés sont considérées par leur mari et les villageois comme porteuses d’un mal qui glisse à « du mal » et se retrouvent seules, quand le père part avec les garçons valides.
En dehors de l’aide déjà citée précédemment, il faut ajouter ici le soutien aux femmes mères de ces enfants, par la création de centres d’accueil de jour d’enfants polyhandicapés, qui leur permettrait d’avoir le temps d’une activité professionnelle et dans certains cas de suivre une formation professionnelle.
