Émilienne Mukansoro est psychothérapeute. Dans sa maison de famille à Mushubati, avec l’association Ejo Hacu qu’elle a fondé, elle œuvre à la reconstruction individuelle et collective par la parole. On parle aussi de processus de réconciliation.
Plusieurs fois par mois, elle accueille des groupes de parole de femmes violées pendant le génocide des Tutsi en 1994. Petit à petit, elle a développé ces séances d’échanges collectives, et les a ouvertes à d’autres habitant·es. Aujourd’hui elle accueille des groupes de paroles pour les femmes, mais aussi pour les hommes, des rencontres intergénérationnelles et un espace pour les jeunes.
Pour Émilienne, « l’écoute des rescapés est devenue au fil des années une passion autant qu’une bouée de sauvetage. « J’ai survécu alors que tant d’autres ont été tués. Il fallait faire quelque chose de cette vie offerte », explique-t-elle. Ce sera la thérapie de groupe. »
« Véritable pionnière du groupe de parole au Rwanda, Émilienne Mukansoro a suivi des centaines de femmes, parfois sur plusieurs années. »
[extraits de l’article Émilienne Mukansoro, pionnière de la thérapie de groupe au Rwanda, par Le Monde, octobre 2022]
Concrètement, pour réussir son projet, Ejo Hacu :
- Paye le transport des femmes vers les groupes de paroles (elles marchent entre 1h00 et 2h00 et terminent la dernière demi-heure en taxi moto. Le transport pour un groupe de femmes aller-retour pour un jour est de 80 euros.
- Paye le repas pour les femmes : 120 euros
- Paye un pagne (un tissus pour faire un vêtement) par an à chaque femme d’un groupe : 400 euros
- Finance exceptionnellement les frais de santé hors couverture maladie
- Finance du matériel pédagogique pour les groupes de jeunes
- Apporte le complément financier des tontines : environ 300 euros pour un projet
- Apprécie le mécénat de compétences venues d’ailleurs sur le dialogue, d’histoire, de culture, d’arts, d’entreprenariat…


