Cannes 2026 : quand Ben’Imana fait résonner les voix que nous accompagnons

affiche du film

Par Catherine Redelsperger

Vous avez peut-être aperçu Emilienne Mukansoro — notre Emilienne — sur le tapis rouge du Festival de Cannes, aux côtés de l’équipe du film Ben’Imana, réalisé par la Rwandaise Clémentine Dusabejambo.

Quelle trajectoire. Et surtout, quelle fidélité aux histoires portées depuis tant d’années.

Car rien de tout cela n’est un hasard.


Une histoire de confiance et de mémoire

Emilienne et Clémentine sont liées par une relation ancienne, profonde, tissée autour d’une même attention aux récits et à la parole des femmes.

Clémentine a puisé une part de son inspiration dans les témoignages issus des juridictions gacaca — ces tribunaux de proximité qui ont joué un rôle essentiel dans les processus de justice et de réconciliation au Rwanda, entre 2000 et 2009.

Au cœur de ces espaces de parole, Emilienne a accompagné des femmes ayant survécu à des violences extrêmes, notamment en préparant certaines d’entre elles à témoigner face à leurs agresseurs.

C’est dans cette proximité, dans cette confiance construite au fil des années, que s’ancre aussi le film.


Un film porté par treize années de travail

Pendant treize ans, Clémentine Dusabejambo a écrit, écouté, cherché. Elle a pris le temps de recueillir des témoignages, de gagner la confiance de celles dont elle voulait raconter l’histoire — avec justesse, délicatesse et exigence éthique.

Comme le souligne l’agence Reuters :
« Marie-Clémentine Dusabejambo revisite l’histoire du génocide rwandais dans Ben’Imana, film poignant qui a exigé treize ans de travail à la réalisatrice pour récolter des témoignages et gagner la confiance de femmes qui ont vécu dans leur chair le drame de 1994. La Caméra d’Or récompense le meilleur premier film toutes catégories confondues. « Je voulais faire ce film pour rendre hommage aux femmes de mon pays, qui ont trouvé la faculté de pardonner et d’avancer même imparfaitement et même douloureusement » explique la lauréate ».


Un lien fort avec notre engagement

Emilienne a contribué à cette œuvre, à la fois comme inspiration, comme médiatrice de confiance sur le terrain et comme traductrice du kinyarwanda vers le français.

De notre côté, nous avons eu la chance de partager des moments forts avec Clémentine, notamment auprès des groupes de femmes accompagnés par les facilitatrices du TIC. 

Ces échanges, ces croisements d’expériences, résonnent pleinement avec notre engagement : accompagner, écouter, faire émerger des paroles, et soutenir des trajectoires de reconstruction.


Nous avons hâte de découvrir Ben’Imana

Nous attendons avec impatience la sortie du film dans les salles françaises, convaincus de la portée essentielle de cette œuvre, à la fois intime, politique et profondément humaine.


Pour revivre Cannes aux côtés de l’équipe :


Pour en savoir plus :

https://www.franceinfo.fr/culture/cinema/festival-de-cannes/ben-imana-au-festival-de-cannes-marie-clementine-dusabejambo-devoile-un-premier-film-magistral-sur-les-tribunaux-populaires-post-genocide-au-travers-des-femmes-victimes_8014043.html

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